lettre de Claudine Ancelot

 le 16 janvier 2011
 


 

Chère Linda et chère Frédérique,

 

J’avais moi-même découvert et « dévoré » l’histoire de Catherine de Montsalvy à l’âge de 15 ans. A cette époque un grand quotidien national la publiait sous forme de feuilleton dans ses pages et, ma mère et moi attendions impatiemment chaque soir la suite des aventures de Catherine qui nous était ainsi délivrée au compte goutte.

 

Par la suite, j’achetai les livres pour relire toute l’histoire dans sa continuité. Certaines scènes étaient restées très présentes à mon esprit lorsque, convoquée pour le casting, Marion Sarraut, sans mentionner le nom de Juliette ni le titre du roman qu’elle allait adapter pour la télévision, me raconta simplement la scène que je devais apprendre pour l’audition. Il s’agissait de la scène où Arnaud rend visite à Catherine dans la prison d’Orléans où, toujours aimable, il souhaite la voir condamnée mort comme espionne pour se débarrasser du problème qu’elle lui pose : aimer la femme qu’il devrait haïr pour la mort de Michel. Et là, je reconnus immédiatement de quoi il s’agissait et je m’écriai : « mais c’est Catherine ! Inutile de vous dire que je m’étais tellement identifiée à elle, toute seule  chez moi tout au long de mes lectures, que, tout en étant très surprise que l’on puisse m’envisager dans le rôle, je n’ai eu aucun mal à me glisser dans ses pas pour jouer la scène….et j’ai décroché le rôle !!!

 

Je n’ai pas pensé à ce moment-là que des millions de fans allaient, comme vous le dites, me regarder jour après jour à la télévision. J’étais surtout folle de joie à la perspective de vivre, pendant plus d’un an, la merveilleuse aventure du tournage et de rencontrer toute une kyrielle de comédiens fantastiques. Ce n’est que plus tard, lors de la diffusion, que j’ai pu prendre conscience, à travers le courrier que j’ai reçu à l’époque, de l’impact du feuilleton.

 

Ce tournage fut un des moments les plus agréables de ma vie de comédienne malgré le travail que cela impliquait. Nous tournions, en effet, si je me souviens bien, une vingtaine de « minutes utiles », ce qui est énorme comparé au cinéma où l’on tourne quelque chose comme trois ou quatre « minutes utiles ». Il fallait apprendre le texte un peu comme on le fait au théâtre pour être capable de tourner les séquences dans leur continuité, trois caméras étant positionnées pour filmer sur une même prise les plans larges et les gros plans. Bien sûr à la différence du théâtre, si on se trompait, on pouvait recommencer, mais cela nécessitait cependant une grande concentration et on enchaînait les scènes à un rythme soutenu.

 

Heureusement l’organisation du tournage nous réservait des périodes de répétition dans des salles où le décor était simplement indiqué par des marques au sol et après deux ou trois semaines, on allait sur le plateau pour tourner ce que nous avions répété et ainsi de suite…

 

J’ai appris énormément au cours de ce tournage, sous la direction de Marion Sarraut et au contact des comédiens expérimentés que j’ai rencontrés.

 

Lorsqu’après avoir tourné en studio, nous avons entamé le tournage en extérieur, une autre période excitante s’est présentée. Je m’étais entraînée chez Mario Luracchi, cascadeur et homme de cheval qui fournissait les chevaux pour le tournage, et j’avais appris le minimum nécessaire, grâce à Joëlle son assistante, pour donner l’impression que j’avais passé ma vie à cheval…mais cela ne fut pas si facile, surtout au début, lorsque mon cheval, Yamado, s’amusait à « passer la marche arrière » alors que je devais rester à l’arrêt et dire mes répliques !  Mais finalement, à force de faire semblant d’être à l’aise lorsque Marion criait moteur, j’ai fini par faire des progrès, d’autant que les cascadeurs n’étaient pas loin et nous encadraient au maximum pour nous aider à paraître des cavalier émérites.

 

Concernant les difficultés liées au climat, je me souviens d’une scène au cours de laquelle Jean-François Poron, qui jouait le duc de Bourgogne, venait me surprendre un soir d’été dans le jardin de Marsannay….Nous avions tourné en studio, quelques mois auparavant la scène où, par une nuit caniculaire, dans ma chambre je respirais un peu d’air à la fenêtre et décidai d’aller me rafraîchir au jardin…. Pour ce qui est de me rafraîchir, ce fut réussi ! La « scène raccord » dans le jardin fut tournée en plein hiver, il avait neigé et les techniciens avaient du faire fondre la neige dans le champ de la caméra. Et moi, je me retrouvais en chemise de nuit à gambader dans le jardin par -2°, et à jouer une scène d’amour avec Jean-François…. Et encore, Marion a été sympa, car j’ai appris, que dans ce genre de circonstances, on fait habituellement sucer des glaçons aux comédiens pour éviter que de la buée ne s’échappe de leur bouche lorsqu’ils respirent, d’ailleurs, regardez bien la scène, il y a effectivement de la buée !!! Cela dit, j’aurai supporté des conditions bien plus dures pour vivre cela et c’est vraiment un souvenir inoubliable et précieux.

 

Je me suis très bien entendue avec mes partenaires, j’ai beaucoup ri avec Pierre-Marie Escourrou qui est dans la vie aussi solaire qu’à l’écran, sans parler de beaucoup d’autres comme Philippe Clay, Stéphane Bouy, Anne Lefébure, Virginie Pradal, Gérard Chambre et tant d’autres, je ne peux pas les citer tous.

 

Aujourd’hui, ayant quitté le métier de comédienne, tous ces souvenirs reviennent à moi grâce à vous et à la magie d’internet qui permet créer des liens entre des personnes qui n’auraient  jamais pu se contacter avant, ni même savoir qu’elles existaient. Et je suis heureuse de mesurer à quel point tous mes camarades et moi-même avons pu vous faire rêver et passer des moments agréables et distrayants. J'attends comme vous avec impatience et curiosité que Juliette nous écrive une suite...............

 

je vous embrasse toutes les deux

Claudine


J'aimerais exprimer mes sincères remerciements à Claudine d'avoir eu la gentillesse et la générosité de répondre à mes questions sur le tournage de  "Catherine, Il suffit d'un amour!"

A Frédérique mon âme sœur,
les souvenirs partagées toutes les
deux sont doublement magnifiques!

le 16 janvier 2011
 Linda (Mistral) webmaster

 



Return


© 2008 - 2016 design & text linda compagnoni walther