(ca.1395)
 
Marchand - Négociant - Banquier - Armateur


 

Philippe Murgier
alias Jacques Coeur

Les Armoiries
de Jacques Coeur

Jacques Coeur


 

Il est né à Bourges, la ville où sont père, Pierre Cœur, était un riche marchand. Nous entendons parler de Jacques la première fois au environ de 1418 lorsqu'il épousa Mace de Lodepart, fille de Lambert de Lodepart, personnalité influente, prévôt de Bourges et ancien valet de Jean, Duc de Berry.

 

Macée de Leopart
 épouse de
Jacques Coeur

Jacques Coeur
 regardant au dehors sculpté sur la façade de sa maison à Bourges

à côté de lui, son épouse Macée Coeur
 

 

En 1436 Cœur a été appelé à Paris par Charles VII qui en fait son maître de la Monnaie. Ce poste était d'importance et les charges onéreuses. Le pays a été inondé  avec de la monnaie à la fois française et en anglaise, et Charles était déterminé à faire des réformes radicales. Dans cette démarche, il a été habilement secondé par le marchand, qui, en fait, est l'instigateur voir le fabriquant de toutes les ordonnances concernant la monnaie de la France émise entre 1435 et 1451. En 1438, il devient grand argentier du royaume de France ;  en 1441, le Roi l'anoblit ainsi que toute sa famille et sa descendance. En 1444, il est l'un des commissaires royaux envoyés pour procéder à l'installation du nouveau parlement du Languedoc, un poste qu'il a occupé jusqu'au jour de sa disgrâce. En 1445, ses agents installés dans l'Est  négocient un traité entre le sultan d'Egypte et les chevaliers de Rhodes, et en 1447, sur son insistance, Jean de Village, son neveu par alliance, est chargé d'une mission en Egypte. Il en découlera les bases du commerce avec le Levant : bientôt sa flotte desservira toute la Méditerranée. Pour centre de ses affaires, il choisit Montpellier, attiré par le rayonnement culturel de la cité et par ses liens avec les pays arabes. La même année, Cœur est envoyé à Rome, à l'occasion du schisme que menace d'introduire dans l'Église l'élection par le concile de Bâle d'Amédée de Savoie, contre Eugène IV, candidat de la France. En 1448 il représente le roi français à la cour du pape Nicolas V, où il trouve un accord entre Nicolas et Amadeus, et ainsi met fin au schisme papal. Nicolas le traite avec la plus haute distinction, le loge dans le palais des papes, et lui octroie une licence spéciale pour faire commerce avec les infidèles. A cette époque, il prête de l'argent à Charles pour poursuivre ses guerres et en 1449, après avoir combattu aux côtés du roi pendant toute la campagne, il entre dans Rouen lors de la procession triomphale de Charles.

 

Cheminée dans la salle des banquets - orné de motifs floraux des emblèmes royaux ...
 

Palais Jacques Coeur
21ème siècle

Sculpture d'une jeune femme jouant du luth - façade du Palais

A ce moment, la gloire du grand commerçant est à son apogée. Il a représenté la France dans trois ambassades et a participé au financement de la guerre qui a permis l' éviction des Anglais de la Normandie. Il a officié dans plusieurs services de l'Etat et a engrangé la plus colossale fortune jamais possédé par un particulier. Sa flotte naviguait sur toutes les mers, il avait plus de 300 employés et des comptoirs dans la plus part des grandes villes de France. Il a fait construire des palais, des chapelles, a fondé des collèges à Paris, Montpellier et Bourges. Sa maison à Bourges était d'une exceptionnelle beauté et encore aujourd'hui est l'une des plus belles demeures datant du Moyen-Age. Il fit également construire une sacristie à la Cathédrale et une chapelle sépulcrale pour sa famille. Son frère Nicolas Cœur deviendra évêque de Lyon, sa soeur épousera Jean Bochetel, le secrétaire du Roi, sa fille épousera le fils du Vicomte de Bourges, et son fils Jean Cœur sera archevêque de Bourges. Mais l’omniprésence de Cœur causa sa perte. Il est partout : la monnaie, les armes, la fourrure, les bijoux, les brocarts, la laine, il est courtier, banquier, agriculteur, il est dans tous les commerces du pays. Les autres marchants se sont plaints qu'ils ne pouvaient faire aucun profit de sa faute. Il avait prêté de l'argent à des courtisans dans le besoin, aux membres de la famille royale, au roi lui-même, et ses débiteurs, jaloux de sa fortune, étaient à l' affût d'une occasion pour provoquer sa chute.

 

Le Roi Charles VII
et
Marie d'Anjou
par Guillaume 1455-60

La Chapelle
la voûte peinte
avec en inscription un passage
de "Gloria in exelsis Deo"

 

le Navire Priam
manuscript français
(15ème siècle)

 

En février 1450 Agnès Sorel, maîtresse du Roi, meurt soudainement.Dix-huit mois plus tard, le bruit court qu'elle aurait été empoisonnée, et une dame de la cour débitrice de Jacques Cœur, Jeanne de Vendôme, épouse de François de Montberon, et un Italien, Jacques Colonna, sont formellement accusés de l'avoir empoisonnée. Sous ce pretexte et sans aucune charge parmi d'autres crimes présumés, le Roi, le 31 Juillet 1451, donne l'ordre de son arrestation et la saisie de ses biens, se réservant pour lui-même une grosse somme d'argent pour la guerre en Guyenne . Des commissaires extraordinaires, ennemis déclarés du commerçants, sont choisis pour conduire le procès et une enquête est lancée, ses juges étaient soit des débiteurs du prisonniers soit les bénéficiaires de ses biens confisqués. On l'accuse d'avoir payé des infidèles avec de l'or français, d'avoir fait de la fausses monnaie, d'avoir enlevé des hommes pour être rameurs sur ses galères, d'avoir renvoyé un  esclave chrétien qui avait trouvé refuge à bord de l'un de ses navires, ainsi que de fraudes et d'exactions commises dans Languedoc au préjudice du roi. Il se défendit avec toute l'énergie qui le caradtérisait. Son innocence était manifeste, mais une déclaration de culpabilité était nécessaire, et en dépit des efforts acharnés de ses amis, après vingt-deux mois de détention dans cinq prisons différentes, il fut condamné à faire pénitence publique pour ses fautes, à payer au roi un une somme égale aujourd'hui à environ 1.000.000, et de rester prisonnier jusqu'à l'obtention totale de la somme, la peine incluant la confiscation de tous ses biens, et l'exil aussi longtemps que le voudrait Sa Majesté.

Le 5 Juin 1453, la sentence prit son effet. A Poitiers, il du honteusement accomplir son amende honorable publique et pendant trois ans, on ne sait rien de lui.  Il est probable qu'il soit resté en prison. Mais il est certain que ses vastes biens ont été distribués aux intimes de Charles.

 

L'île de Chios et son port

la signature et le sceau de
Jacques Coeur
 

façade du grand Palais
(ca. 1470)
Livre d'Heures

Palais de Jacques Coeur
21ème siècle

 

En 1455, Jacques Cœur, où qu'il soit détenu, parvint à s'échapper en Provence. Il est poursuivi, mais un groupe dirigé par Jean de Village et deux de ses anciens employés, l'emmènera à Tarascon, où, via Marseille, Nice et Pise, il a réussi à arriver à Rome. Il fut reçu avec joie et honneur par Nicolas V, qui préparait une expédition contre les Turcs. A la mort de Nicolas, Calixte III a continué son projet et fait de son invité, Cœur, le capitaine d'une flotte de seize galères envoyées au secours de Rhodes. Cœur se lance dans cette expédition, mais il tombe malade à Chios, où il meurt le 25 Novembre 1456. Après sa mort, Charles VII se montrait mieux disposé envers la famille, et permet au fils de Jacques Cœur d'hériter de ce qui restait de la richesse de son père.


Jacques Coeur
 par le sculpteur August Préault.
La statue a été installée en 1879

 

Je voudrais envoyer à Marie-France de France, une fidèle du site de Catherine de Montsalvy, mes remerciements les plus sincères pour m'avoir envoyé ses documents personnels concernant Jacques Coeur. Et un merci spécial également à sa fille Amandine pour ses magnifiques photos. J'ai beaucoup appréciée la belle brochure de Bourges à propos du Palais de Jacques Coeur.


Jacques Coeur meurt 25 novembre 1456

  


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