1. On a tué la reine ! 2. La chambre du Roi
L'histoire de Charlotte de Fontenac à la Cour du Roi Soleil


par Juliette Benzoni
 

Détail spécial :
Avec ce second volume du Le temps des poisons, Juliette Benzoni succombe à tous les plaisirs du roman de cape et d'épée (...) Les amateurs du genre seront comblés.
Anne Bernet - La Nouvelle Revue d'Histoire


Création et texte choisi par Linda


Extrait de « La Chambre du Roi »

Le Roi ! L’huissier de la Chambre vêtu du tabard aux armes de France vint s’immobiliser à l’entrée de la galerie des Glaces, du côté du salon de la Paix où se font entendre les violons et les claquements de pieds des gardes du corps. Louis XIV paraît…
Son justaucorps est entièrement brodé d’or, mais contrairement à son habitude, il porte peu de bijoux. Pourtant un murmure d’admiration vole sur la Cour : fixant le plumet de son chapeau un splendide diamant jonquille irradie de mille feux… Personne ne lui a encore connu cette merveille…

Conscient – et sans doute ravi ! – de l’effet produit, Louis XIV s’avance de son pas majestueux, un léger sourire flottant sur ses lèvres. Monsieur et ses gentilshommes le regardent approcher – en particulier l’un d’eux – avec une stupeur qui leur arrondit les yeux.

Sire, mon frère ! s’exclama le prince sans pouvoir retenir plus longtemps sa curiosité.
Vous avez là un fort beau diamant ! Je ne vous le connaissais pas !

Moi non plus, voyez-vous, et c’est ce qui en fait le charme… ah, Monsieur le chevalier de Lorraine, je ne vous avais pas vu ! Vous semblez mal à l’aise ce soir ? Seriez-vous souffrant ?

Le Roi est trop bon de s’inquiéter de ma santé mais je vais bien. Simplement, je suis dans l’éblouissement…

Ce joyau ? C’est vrai qu’il est beau, n’est-ce pas ?

―  C’est une acquisition récente ? demanda Monsieur après avoir avalé sa salive.

 Non, c’est un présent !

―  Un présent ? firent-ils tous en chœur, mais…

―  D’une dame ! C’est pourquoi j’ai pour lui un faible tout particulier !

 Il faut qu’elle soit…fort riche ! hoqueta Monsieur.

Ou fort affectueuse ! J’en ai été d’autant plus heureux que j’ignorais jusqu’à il y a peu l’existence de cette belle pierre. Sinon, j’aurais sans doute essayé de l’obtenir. Et honnêtement ! Je n’aurais jamais eu l’idée, par exemple, d’envoyer des estafiers fouiller une demeure de fond en comble comme j’en sais certains capables de le faire. Je l’aurais acheté, et sans lésiner ! Mais il se trouve que l’on me l’a donnée.

Votre Majesté a beaucoup de chance, fit Lorraine sans réussir à dissimuler entièrement son dépit.

Le Roi darda sur le gentilhomme un regard d’où s’était effacée toute trace d’amusement :

 La chance se mérite, Monsieur. Il suffit parfois de faire le bien au lieu de son contraire. Quoi qu’il en soit, nous ne supporterions pas que cette dame si généreuse ait encore à pâtir de mauvais procédés. J’espère que c’est compris ?

 Mais, comme chez tous les Guise, l’insolence n’était jamais loin chez le chevalier, ce dernier répliqua :

 Encore faudrait-il que nous connaissions la dame en question.

Vous ne la connaissez pas ?

Non, Sire.

 Alors continuez ! Ce sera mieux pour tout le monde…



musique de Lully

musique Opéra Phaëton - de Jean-Baptiste Lully

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