« Dans le lit des rois »
Nuits des Noces
1983 - Plon - 2010 Perrin

par Juliette BENZONI

Nuits de Rois article avec Juliette
 

 

extrait choisi par Linda Compagnoni Walther

Une Nuit avec Monsieur...

Pauvre Monsieur ! Lui qui n'aimait guère les dames autrement que dans leurs ajustements, leurs plaisirs et leurs façons d'être, devait se trouver par deux fois obligé de se marier à seule fin de servir la politique de son potentat de frère !

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Avec qui, mon Dieu ? Avec une Allemande, cette fois; Elisabeth-Charlotte, dite Liselotte, fille de l'Electeur palatin Charles-Louis...

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Alors, en août 1671 le mariage est conclu, et le 16 novembre de la même année, à Met, le maréchal du Plessis-Praslin épouse par procuration Elisabeth-Charlotte au nom de Monsieur...

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La nouvelle Madame vit descendre de carrosse un fabuleux étalage de joaillerie scintillant sur un homme qui, sans avoir l'air ignoble, était petit et rondouillet avec des cheveux et des sourcils très noirs, des grands yeux de couleur foncée, le visage long, mince, un grand nez et une buche trop petite...
Quant à Monsieur, laissé d'abord sans voix par l'aspect
« rustre » de cette grosse fille blonde, il ne sait que murmurer, assez haut pur quelle l'entende:
« Oh !... Comment pourrai-je coucher avec elle ? »

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Reste le problème de la nuit de noces sur laquelle Madame n'a pas laissé de témoignage direct mais dont on peut déduire ce qu'elle fut grâce à un autre passage des ses Lettres dans lequel elle raconte comment Monsieur se comportait au lit e par quel étrange artifice il réussit à tenir une place fort honorable dans l'échelle comparative des géniteurs royaux.

—Monsieur, écrit la jeune épouse, a toujours paru dévot. Il m'a fait rire, une fois, de bon cœur. Il apportait toujours au lit un chapelet d'où pendait une quantité de médailles et qui lui servait à faire ses prières avant de s'endormir. Quand cela était fini j'entendais un gros fracas causé par les médailles, comme s'il les promenait sous les couvertures. je lui dis:

« —Dieu me pardonne, mais je soupçonne que vous faites promener vos reliques dans un pays qui leur est inconnu !

« Monsieur répondit :
«―Taisez-vous ! Dormez ! Vous ne savez pas ce que vous dites...

« Une nuit, je me levai tout doucement. Je plaçai la lumière de manière à éclairer le lit et, au moment où il promenait ses médailles sous la couverture, je le saisis par le bras et lui dis en riant :
«― Pour le coup, vous ne sauriez plus le nier.

« Monsieur se mit aussitôt à rire et dit :
«―Vous qui avez été huguenote vous ne savez pas le pouvoir des reliques et des images de la Sainte Vierge. Elles garantissent de tut mal les parties qu'on en frotte.

« Je lui répondis :
«― Je vous demande pardon, Monsieur, mais vous ne me persuaderez point que c'est honorer la Vierge que de promener son image sur les parties destinées à ôter la virginité.
« Monsieur ne put s'empêcher de rire et dit :
«― Je vous en prie, ne le dites à personne...


Création par Linda Compagnoni Walther 2016
 

 
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Musique de Jean-Baptiste Lully
il est né à Florence sous le nom de Giovanni Battista Lulli  Surintendant de la musique de Louis XIV

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