Interview avec Corinne Touzet
par Linda Compagnoni Walther

le 20 Mai 2010

photo de Corinne Touzet,

 

Mistral: Bonjour Corinne, quelle a été votre première réaction quand vous avez appris l’existence d’un fansite  sur les livres “Catherine de Montsalvy” book, approuvé par Juliette Benzoni elle-même?
 

Corinne : J’ai été très étonnée car j’en ignorais totalement l’existence. En revanche connaissant  le succès de toute la production littéraire de Madame Benzoni j’imagine qu’après toutes ces années elle a de nombreux fans
 

Mistral : Quand vous avez été contactée pour le rôle de la jeune et belle “Marianne d’Asselnat, aviez-vous déjà entendu parler de “Marianne, une étoile pour Napoléon”?

Corinne :
Non jamais!

Mistral:
: Comme nous le savons, “Marianne” a été votre tout premier rôle sous la direction de la talentueuse Marion Sarraut. Vous souvenez vous de ce que cela représentait pour vous de tourner  dans l’une de ses productions ?

Corinne : Je ne connaissais pas du tout Marion Sarraut car je ne connaissais absolument personne étant donné que je venais d’arriver à Paris, j’étais très jeune et j’avais seulement fait mes armes au théâtre. Je n’avais qu’un moyen de trouver du travail, celui de me rendre le plus souvent possible à la SFP rue des Alouettes qui était à l’époque un lieu extraordinaire pour toute personne rêvant de faire ce métier. En fait nous  traînions tous là-bas, les apprentis acteurs, afin d’avoir la possibilité de rencontrer de potentiels réalisateurs ou assistants qui auraient pu nous tenir au courant de productions à venir.

J’ai appris qu’un projet était en cours et que des auditions allaient avoir lieu, je m’y suis donc présentée. Dans un premier temps, j’ai rencontré la directrice de production, Catherine Jurquet, qui m’a parlé du projet et ensuite j’ai eu un rendez-vous avec Marion Sarraut. J’ai dû passer de nombreux essais comme de très nombreuses comédiennes, cela a duré plusieurs semaines. Je n’avais aucune conscience de ce qui pouvait se passer par la suite lorsqu’un beau jour nous avons été deux comédiennes retenues sur la bonne soixantaine, si ce n’est plus, à avoir été contacté.  Là je dois vous dire que j’étais très inquiète et que je n’y croyais pas du tout !

Je me souviens du jour où j’ai été choisie car je me suis retrouvée sur une estrade dans le bureau d’Henri Spade, le producteur, face à Marion Sarraut, Juliette Benzoni et Jean Chatenet pour répondre à leurs questions afin qu’ils puissent prendre une décision définitive. Ce moment restera gravé dans ma mémoire, j’étais terrorisée par Henri Spade, il était très impressionnant. Il nous a quittées l’an dernier et j’ai été très affectée. Il m’avait pris sous son aile et a suivi ma carrière de très près pendant toutes ces années en me laissant fréquemment des messages pour me faire part de ses réactions et conseils. Il regardait les audiences et il me disait qu’il était fier.

Lorsque, finalement, Marion et lui ont décidé que ce serait moi, j’ai eu l’impression d’être la plus heureuse des femmes au monde et je ne les remercierai jamais assez pour leur choix. J’ai appris mon métier sur Marianne dans le sens où je n’avais jamais vu une camera de ma vie et que je ne connaissais que la scène. Marion aime profondément les acteurs, elle a un œil incroyable et sait toujours dire là ou ca ne va pas elle était formidable sur cette série, jamais battue, pleine d’énergie. Quelquefois nous tournions de vrais plans séquence sans s’arrêter pendant cinq minutes ce qui de nos jours est tout à fait impossible. Nous avions trois, voir quatre cameras sur roue qui nous suivait. C’était presque du théâtre c’était extraordinaire comme impression de liberté. Certains professionnels se moquaient de ce travail ; En réalité cette sensation de libertés était intense et je souhaite a tout le monde de l’avoir vécu une fois .Nous n’avions que des grands professionnels sur le plateau et Henri Spade avait créé là un outil admirable. J’ai appris énormément et je pense que ce tournage (très long) m’a donné des armes pour tout le reste de ma carrière.

Mistral: Pouvez-vous nous dire, ce qui vous a décidé de jouer la sanguinaire mais magnifique princesse  Zobeïda, dans  Catherine, Il suffit d’un amour, après que le public vous ait adoré dans le rôle de la courageuse “Marianne”?

Corinne : le rôle est magnifique, très complexe, c’était pour moi un vrai challenge.

Mistral:
Vous reste-t-il quelques souvenirs amusants sur vos scènes tournées avec Jean-François Poron (alias Francis Cranmere), Gérard Chambre (alias Jason Beaufort), Benoît Brionne (alias Napoléon) Philippe Clay (alias Black Fish), Pierre-Marie Escourrou (alias Arnaud de Montsalvy) pour n’en citer que quelques-uns?

Corinne : Beaucoup de scènes se mélangent dans ma mémoire, c’est difficile de faire un tri. Je dois dire par contre que Philippe Clay m’impressionnait énormément, il était très grand et avait toujours un air sévère. Il m’impressionnait beaucoup et en fait  nous sommes devenus très copains. Nous avions souvent des fous rires pendant les scènes (je suis très rieuse !). Avec Benoît Brionne qui jouait  Napoléon nous avons également eu des fous rires fréquents car son rôle était très difficile à interpréter et nous avions du mal à nous prendre au sérieux. Ce qui m’a frappé c’est que les gens nous ont adoré tous les deux en couple et ça c’est toujours magique et inexplicable, il faut dire que nous étions tous heureux de tourner ensemble.

Quant à Pierre-Marie Escourrou c’est plus facile pour moi de parler de lui puisque j’ai tourné très souvent avec lui  surtout dans Une femme d’honneur, de 1994 à 2008. Dans une scène de Catherine, Pierre-Marie devait me fouetter et à chaque fois que nous en parlons nous ne pouvons nous arrêter de rire !nous étions jeune et pour se prendre au sérieux a cette époque là ce n’était pas évident a nos âges. Ce jour là l’équipe nous a fait une blague le plateau était immense et la régie et la mise en scène se trouvait au premier étage ce qui fait qu’avec nous les acteurs sur le plateau il n’y avait que les cadreurs. A la fin de la scène ils ont coupé la lumière, nous nous sommes retrouvés dans le noir !!

J’ai également eu la chance d’apprendre l’escrime avec Luc Etienne et André Obadia, deux maitres d’arme qui ont eu beaucoup de patience et qui encore aujourd’hui sont des amis. Le cheval avec Mario Luraschi...Quelle chance j’ai eue.

Mistral:
Vous rappelez-vous de la réaction du public, de la presses, des critiques après la diffusion de « Marianne” (diffusée en 60 épisodes de 13 minutes) en 1983?

Corinne : Absolument pas! En revanche je sais qu’aujourd’hui les gens m’en parlent encore et cela me touche  évidemment beaucoup puisqu’il s’agit de mon premier rôle et qu’il n’ait pas été oublié reste pour moi un gage d’affection.

Mistral:
Dans votre pays, en France, vous êtes adore pour le rôle de “Isabelle Florent” Adjudant-chef dans la série policière la plus longue “Une femme d’honneur – pour lequel vous avez remporté le 7 d'Or de la meilleure actrice. Qu’est-ce que cette récompense signifie pour vous?

Corinne :
Si vous avez vu la cérémonie, vous savez à quel point j’étais bouleversée ce soir-là. Ce qui explique qu’aujourd’hui encore, lorsque j’y pense, je suis très émue. Cette récompense est et restera  un très grand honneur pour moi et je l’ai accepté comme si c’était la récompense de quinze années qui venaient de s’écouler et pendant lesquelles j’avais trouvé la route fort longue.  J’étais également très heureuse car ma famille, ainsi que Marion, Christian Ferlet (le producteur) et Etienne Mougeotte (TF1) étaient à mes côtés pour me soutenir.

Mistral:
Dans votre longue carrière, on a pu vous voir dans de nombreuses productions TV. Y a-t-il encore un rôle que vous aimeriez jouer, réaliser et que l’on ne vous a pas encore proposé ou que ce n'était pas le bon moment pour le faire?

Corinne :
Des centaines… heureusement!

Mistral:
Pourriez-vous dévoiler  à nos visiteurs – dont la plus part sont des femmes – qui étaient vos idoles – que ce soient acteurs, chanteurs ou personnalités – dont vous rêviez lorsque vous étiez une jeune fille ?

Corinne :
Oh oui avec plaisir !  Adolescente, j’étais fan de Julien Clerc, Gérard Lenorman et j’avais un héros en la personne de Bruce Springsteen dont j’ai tous les disques et cela va vous étonner j’écoutais et adorais Gilbert Bécaud ce qui à mon âge était étrange mais si je vous dis que j’aimais également Barbara et Edith Piaf, ceci explique cela ! Gilbert Bécaud est un immense compositeur, interprète, remarquable show man et ses chansons ont  jalonné ma vie et cela continue encore aujourd’hui.

A l’époque j’étais aussi fascinée par les acteurs américains (je le suis d’ailleurs toujours un peu) comme Robert de Niro, Robert Redford, Paul Newman, Nick Nolte , Marlon Brando, Henry Fonda…je découvrais le cinéma italien avec le cinéma de minuit, sur F3.Les acteurs comme Nino Manfredi et Sophia Loren m’ont fascinée par le réalisme de leur jeu. Sofia reste pour moi incontournable, belle, forte et fragile, pouvant d’enlaidir  et s’investir avec une telle passion dans ces rôles tout comme Romy Schneider. Je pense souvent a elle car je me dis que si elle était toujours là aujourd’hui elle nous aurait tous surpris et bouleversés par son art !! Elle manque terriblement. Il y en a encore énormément mais pour moi aujourd’hui les deux plus grands acteurs sont Sean Penn et Meryl Streep.

Mistral:
Quels sont vos projets dans un futur immédiat? Peut-on s’attendre à vous revoir bientôt dans une production télévisée, sur une scène dans une pièce ou pour réaliser un autre film?

Corinne : Je suis depuis le 12 mars au Théâtre des Variétés dans la pièce Personne n’est parfait mise en scène par Alain Sachs (avec pour partenaires Jean-Luc Reichmann, Berbard Dhéran, Delphine Rivière…). Nous devions arrêter de jouer le 6 juin mais nous prolongeons jusqu’au 27 juin. C’est un énorme succès, j’en suis très fière. Je n’imaginais pas à quel point ce théâtre est impressionnant et nous avons tous eu très peur. Maintenant que le trac est passé, jouer est pour moi un pur moment de bonheur, de partage et d’énergie mélangés.

J’aimerai donc pouvoir partir en tournée afin que toutes les personnes qui n’ont pu venir à Paris puissent nous voir. J’attends également la sortie du pilote d’Interpol, une nouvelle série diffusée sur TF1 le 20 mai prochain. J’ai acheté les droits d’une pièce de théâtre que je devrai présenter à Paris en 2011.  Il s’agit d’une adaptation du film d’Ettore Scola intitulé « Une journée particulière » et je travaille actuellement sur l’écriture de deux projets télévisés dont je ne peux vous parler plus en détails aujourd’hui.  Ce qui est certain c’est que le virus du théâtre m’a repris et je ne m’arrêterai pas là car cela me rend extrêmement heureuse et plus épanouie que la télévision.

Mistral: Si vous pouviez réaliser un vœu, lequel des personnages fictifs que vous avez incarné jusqu’ici ou quelle personnalité aimeriez-vous être pour une journée ?
 

Corinne : Je ne peux pas en choisir qu’un car il y a beaucoup de personnages fictifs que j’aimerai incarner. J’aurai adoré faire un remake de la « Cioccara» ou de  « Riz Amer » et si j’avais pu m’incarner dans les films hollywoodiens des années 50 j’opterai pour tous les Frank Capra ou ceux d’Hitchcock, en tous les cas c’est pour moi la plus belle époque du cinéma, celle qui m’a fait rêver et envie de faire ce métier. Quant à être une personne pour un jour, pas sûr que ça m’intéresse vraiment…

 



 

Je voudrais sincèrement remercier la très belle Corinne, d'avoir répondu à mes "12 Questions". Nous sommes enchantés d'apprendre qu'elle a gardé dans son coeur de merveilleux souvenirs des tournages de "Marianne, une étoile pour Napoléon" et "Catherine, Il suffit d'un amour". Nous souhaitons à Corinne le meilleur pour sa carrière future et nous la remercions du fond du coeur d'avoir passé un peu de temps avec notre site web. Je me sens personnellement honorée que Corinne ait bien voulu autographié ma création et posé patiemment pour une photo avec moi.
 

Merci beaucoup chère Corinne


Copyright © Linda, webmaster le 20 Mai 2010
 





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